Lilie et son monde de hippie

Ana

Ana est l’ange et le démon. Elle est mon amie et mon ennemie.
Parfois je voudrais qu’elle reste pour toujours et parfois je voudrais qu’elle parte.

Elle me rassure quand je suis déprimée, elle me réconforte et me détourne des tentations, des douleurs de la faim, des crampes, de mon corps qui s’agite.
Elle est toujours avec moi, elle me dit quoi faire – quand manger – quand dormir – quand faire de l’exercice – et quel poids je dois viser.
Elle est là quand j’ai mal, quand je souffre.
Quand je perds des pouces et des livres de gras, je la sens qui approuve, comme si elle me souriait discrètement.
Mas si je prends du poids ou que je cède à la tentation, le courroux d’Ana se déchaîne avec son lot de culpabilité et de haine.
Je suis fatiguée de me cacher du reste du monde, fatiguée des secrets, des mensonges, des déceptions.
L’obésité est une maladie, mais personne ne s’offusque quand une personne obèse engloutit trois desserts de suite.
Un fumeur choisit son mode de vie et personne ne le lui reproche, même s’il se fait du tort et qu’il empoisonne son entourage avec sa fumée.
Alors pourquoi disent-ils que je suis malade?
Pourquoi froncent-ils les sourcils? Pourquoi agitent-ils le poing?
Je ne fais rien de mal! Vous ne voyez pas que c’est un mode de vie?
Je veux voir saillir mes os magnifiques et me sentir aussi légère que la pluie. Je veux être mince, plus que tout. Après tout, il faut souffrir pour être belle!


26/07/2010
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